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THE HABITANT AND OTHER FRENCH-CANADIAN POEMS
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THE HABITANT AND OTHER FRENCH-CANADIAN POEMS

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THE HABITANT AND OTHER FRENCH-CANADIAN POEMS

WILLIAM HENRY DRUMMOND

WITH AN INTRODUCTION BY

Louis Frechette

AND WITH ILLUSTRATIONS BY

Frederick Simpson Coburn

TO MY DEAR FRIEND AND FORMER TEACHER

GEORGE MURRAY ESQ. B.A. A.K.C. F.R.S.C.

THESE VERSES ARE DEDICATED WITH SINCERE
ADMIRATION AND RESPECT

INTRODUCTION

On me demande pour ce charmant volume un mot de pr?face en fran?ais;
le voici:

Quand en 1863 je publiai mon premier recueil de po?sies--?crites au
coll?ge pour la plupart--le grand po?te am?ricain Longfellow eut la
flatteuse bienveillance de m'appeler _The pathfinder of a new land of
song_.

Avec mille fois plus de raison puis-je aujourd'hui passer le compliment
? mon sympathique confr?re et ami l'auteur de ce livre; car si jamais
quelqu'un chez nous a m?rit? le titre de _pathfinder of a new land of
song_ c'est assur?ment lui.

Non seulement il a d?couvert le champ la clairi?re la vall?e fertile
et encore inexplor?e; il en a fait l'exploitation ? sa mani?re avec
des outils et des moyens de son invention; et fier de sa conqu?te
il laisse de son ?paule robuste tomber ? nos pieds le fruit de son
travail la gerbe plantureuse aux ors vierges ? l'ar?me sauvage
aux savoureuses promesses toute fra?che et toute crissante dans sa
rusticit? saine.

N'est-elle pas en effet d'une originalit? peu commune l'id?e de
prendre un pauvre illettr? de le pr?senter comme un type national ?
part de lui mettre aux l?vres une langue qui n'est pas la sienne et
qu'il ne conna?t qu' ? demi; d'en faire en m?me temps un personnage
bon doux aimable honn?te intelligent et droit l'esprit en ?veil le
coeur plein d'une po?sie native stimulant son patriotisme jetant un
rayon lumineux dans son modeste int?rieur ber?ant ses heures r?veuses
de souvenirs lointains et m?lancoliques?

Et cela sans que jamais dans ce portrait d'un nouveau genre le plus
subtil des critiques puisse surprendre nulle part le coup de crayon
de la caricature!

Dans ses inimitables contes villageois George Sand a peint les
paysans du Berry sous des dehors tr?s int?ressants. Elle nous les
montre m?me d'un sentiment tr?s affin? dans leur simplicit? na?ve
et leur cordiale bonhomie. En somme elle en fait des natures des
temp?raments quelque chose de typique en m?me temps qu' harmonieux
de teinte et de forme.

Mais George Sand faisait parler ses personnages dans la langue du
pays dans la langue de la chaumi?re dans leur propre dialecte
enfin. Elle n'avait pour ainsi dire qu' ? faire p?n?trer le
souffle de son talent sous le r?seau de la phrase pour animer
celle-ci d'un reflet de lyrisme ou d'une vibration attendrie.

La t?che abord?e par M. Drummond pr?sentait un caract?re beaucoup
plus difficile.

Ici le po?te avait bien il est vrai le milieu ? saisir plac?
droit en face de son objectif. Il ?tait assez familier avec ses
acteurs pour les grouper avantageusement en m?nageant les effets
d'ombres et de lumi?re. Il est naturellement assez artiste pour ne
rien n?gliger de ce qui ajoute du pittoresque ? la pose; surtout il
connaissait ? fond le type ? reproduire ses moeurs ses passions
ses sentiments ses penchants ses superstitions et ses faiblesses.

Mais comment sans tomber dans la charge ou la bouffonnerie faire
parler syst?matiquement ? ses personnages une langue ?trang?re
forc?ment incorrecte dans la bouche de quelqu'un qui l'a apprise
par oreille sans savoir lire m?me dans sa propre langue?

La tentative ?tait hardie; mais on sait que le succ?s a un faible
pour les audacieux.

Dans son ?tude des Canadiens-fran?ais M. Drummond a trouv? le moyen
d'?viter un ?cueil qui aurait sembl? in?vitable pour tout autre
que pour lui. Il est rest? vrai sans tomber dans la vulgarit? et
piquant sans verser dans le grotesque.

Qu'il mette en sc?ne le gros fermier fier de son bien ou de ses
filles ? marier le vieux m?decin de campagne ne comptant plus ses
?tats de service le jeune amoureux qui r?ve au clair de la lune
le vieillard qui repasse en sa m?moire la longue suite des jours
r?volus le conteur de l?gendes l'aventurier des "pays d'en haut"
et m?me le Canadien exil?--le _Canadien errant_ comme dit la
chanson populaire--qui croit toujours entendre r?sonner ? son
oreille le vague tintement des cloches de son village; que le r?cit
soit plaisant ou path?tique jamais la note ne sonne faux jamais
la bizarrerie ne d?g?n?re en pu?rilit? burlesque.

C'est l? un tour de force comme il ne s'en fait pas souvent et
c'est avec enthousiasme que je tends la main ? M. Drummond pour
le f?liciter de l'avoir accompli.

Il a v?ritablement fait l? oeuvre de po?te et d'artiste.

J'ajouterai qu'il a fait aussi oeuvre de bon citoyen. Car le
jour sous lequel il pr?sente mes compatriotes illettr?s ne peut
manquer de valoir ? ceux-ci--et partant ? tout le reste de la
nationalit?--un accroissement d?sirable dans l'estime de nos
compatriotes de langue anglaise qui n'ont pas ?t? ? m?me de
les ?tudier d'aussi pr?s que M. Drummond.

La peinture qu'en fait le po?te est on ne peut plus sympathique et
juste; et de semblables proc?d?s ne peuvent que cimenter l'union
de coeur et d'esprit qui doit exister entre toutes les fractions
qui composent la grande famille canadienne appel?e ? vivre et ?
prosp?rer sous la m?me loi et le m?me drapeau.

En lisant les vers de M. Drummond le Canadien-fran?ais sent que
c'est l? l'expression d'une ?me amie; et ? ce compte je dois
? l'auteur plus que mes bravos je lui dois en m?me temps un
chaleureux merci.

LOUIS FR?CHETTE.

MONTR?AL 13 octobre 1897.

PREFACE

In presenting to the public "The Habitant and other French-Canadian
Poems" I feel that my friends who are already more or less
familiar with the work understand that I have not written the
verses as examples of a dialect or with any thought of ridicule.

Having lived practically all my life side by side with the
French-Canadian people I have grown to admire and love them and
I have felt that while many of the English-speaking public know
perhaps as well as myself the French-Canadian of the cities yet
they have had little opportunity of becoming acquainted with the
habitant therefore I have endeavored to paint a few types and in
doing this it has seemed to me that I could best attain the object
in view by having my friends tell their own tales in their own way
as they would relate them to English-speaking auditors not
conversant with the French tongue.

My good friend Dr. Louis Frechette Poet Laureate has as a
French-Canadian kindly written an "Introductory" in his own
graceful language and I have to thank him above all for his
recognition of the spirit which has actuated me in writing
"dialect" verse.

To Mr. F. S. Coburn the artist also I am deeply indebted for
the faithful manner in which he has interpreted the different
characters and scenes contained in this volume. All the pictures
have been sketched from nature or life and the keenest critic will
agree with me that Mr. Coburn's illustrations are most typical
both of the people and the soil.

WILLIAM HENRY DRUMMOND.

CONTENTS.

DE HABITANT
THE WRECK OF THE "JULIE PLANTE"
LE VIEUX TEMPS
DE PAPINEAU GUN
HOW BATEESE CAME HOME
DE NICE LEETLE CANADIENNE
'POLEON DOR?
DE NOTAIRE PUBLIQUE
MAXIME LABELLE
MEMORIES
PHIL-O-RUM JUNEAU
DE BELL OF ST. MICHEL
PELANG
MON CHOUAL "CASTOR"
OLE TAM ON BORD-A PLOUFFE
THE GRAND SEIGNEUR
M'SIEU SMIT'
WHEN ALBANI SANG
DE CAMP ON DE "CHEVAL GRIS"
DE STOVE PIPE HOLE
DE SNOWBIRD
THE HABITANT'S JUBILEE ODE
OLE DOCTEUR FISET

DE HABITANT.

De place I get born me is up on de reever
Near foot of de rapide dat's call Cheval Blanc
Beeg mountain behin' it so high you can't climb it
An' whole place she's mebbe two honder arpent.

De fader of me he was habitant farmer
Ma gran' fader too an' hees fader also
Dey don't mak' no monee but dat isn't fonny
For it's not easy get ev'ryt'ing you mus' know--

All de sam' dere is somet'ing dey got ev'ryboddy
Dat's plaintee good healt' wat de monee can't geev
So I'm workin' away dere an' happy for stay dere
On farm by de reever so long I was leev.

O! dat was de place w'en de spring tam she's comin'
W'en snow go away an' de sky is all blue--
W'en ice lef' de water an' sun is get hotter
An' back on de medder is sing de gou-glou--

W'en small sheep is firs' comin' out on de pasture
Deir nice leetle tail stickin' up on deir back
Dey ronne wit' deir moder an' play wit' each oder
An' jomp all de tam jus' de sam' dey was crack--

An' ole cow also she's glad winter is over
So she kick herse'f up an' start off on de race
Wit' de two-year-ole heifer dat's purty soon lef' her
W'y ev'ryt'ing's crazee all over de place!

An' down on de reever de wil' duck is quackin'
Along by de shore leetle san'piper ronne--
De bullfrog he's gr-rompin' an' dor? is jompin'
Dey all got deir own way for mak' it de fonne.

But spring's in beeg hurry an' don't stay long wit' us
An' firs' t'ing we know she go off till nex' year
Den bee commence hummin' for summer is comin'
An' purty soon corn's gettin' ripe on de ear.

Dat's very nice tam for wake up on de morning
An' lissen de rossignol sing ev'ry place
Feel sout' win' a-blowin' see clover a-growin'
An' all de worl' laughin' itself on de face.

Mos' ev'ry day raf' it is pass on de rapide
De voyageurs singin' some ole chanson
'Bout girl down de reever--too bad dey mus' leave her
But comin' back soon' wit' beaucoup d'argent.

An' den w'en de fall an' de winter come roun' us
An' bird of de summer is all fly away
W'en mebbe she's snowin' an' nort' win' is blowin'
An' night is mos' t'ree tam so long as de day.

You t'ink it was bodder de habitant farmer?
Not at all--he is happy an' feel satisfy
An' cole may las' good w'ile so long as de wood-pile
Is ready for burn on de stove by an' bye.

W'en I got plaintee hay put away on de stable
So de sheep an' de cow dey got no chance to freeze
An' de hen all togedder--I don't min' de wedder--
De nort' win' may blow jus' so moche as she please.

An' some cole winter night how I wish you can see us
W'en I smoke on de pipe an' de ole woman sew
By de stove of T'ree Reever--ma wife's fader geev her
On day we get marry dat's long tam ago--

De boy an' de girl dey was readin' it's lesson
De cat on de corner she's bite heem de pup
Ole "Carleau" he's snorin' an' beeg stove is roarin'
So loud dat I'm scare purty soon she bus' up.

Philomene--dat's de oldes'--is sit on de winder
An' kip jus' so quiet lak wan leetle mouse
She say de more finer moon never was shiner--
Very fonny for moon isn't dat side de house.

But purty soon den we hear foot on de outside
An' some wan is place it hees han' on de latch
Dat's Isidore Goulay las' fall on de Brul?
He's tak' it firs' prize on de grand ploughin' match.

Ha! ha! Philomene!--dat was smart trick you play us
Come help de young feller tak' snow from hees neck
Dere's not'ing for hinder you come off de winder
W'en moon you was look for is come I expec'--

Isidore he is tole us de news on de parish
'Bout hees Lajeunesse Colt--travel two forty sure
'Bout Jeremie Choquette come back from Woonsocket
An' t'ree new leetle twin on Madame Vaillancour'.

But nine o'clock strike an' de chil'ren is sleepy
Mese'f an' ole woman can't stay up no more
So alone by de fire--'cos dey say dey ain't tire--
We lef' Philomene an' de young Isidore.

I s'pose dey be talkin' beeg lot on de kitchen
'Bout all de nice moon dey was see on de sky
For Philomene's takin' long tam get awaken
Nex' day she's so sleepy on bote of de eye.

Dat's wan of dem ting's ev'ry tam on de fashion
An' 'bout nices' t'ing dat was never be seen.
Got not'ing for say me--I spark it sam' way me
W'en I go see de moder ma girl Philomene.

We leev very quiet 'way back on de contree
Don't put on sam style lak de big village
W'en we don't get de monee you t'ink dat is fonny
An' mak' plaintee sport on de Bottes Sauvages.

But I tole you--dat's true--I don't go on de city
If you geev de fine house an' beaucoup d'argent--
I rader be stay me an' spen' de las' day me
On farm by de rapide dat's call Cheval Blanc.

THE WRECK OF THE "JULIE PLANTE."

A LEGEND OF LAC-ST. PIERRE.

On wan dark night on Lac St. Pierre
De win' she blow blow blow
An' de crew of de wood scow "Julie Plante"
Got scar't an' run below--
For de win' she blow lak hurricane
Bimeby she blow some more
An' de scow bus' up on Lac St. Pierre
Wan arpent from de shore.

De captinne walk on de fronte deck
An' walk de hin' deck too--
He call de crew from up de hole
He call de cook also.
De cook she's name was Rosie
She come from Montreal
Was chambre maid on lumber barge
On de Grande Lachine Canal.

De win' she blow from nor'-eas'-wes'--
De sout' win' she blow too
W'en Rosie cry "Mon cher captinne
Mon cher w'at I shall do?"
Den de Captinne t'row de big ankerre
But still the scow she dreef
De crew he can't pass on de shore
Becos' he los' hees skeef.

De night was dark lak' wan black cat
De wave run high an' fas'
W'en de captinne tak' de Rosie girl
An' tie her to de mas'.
Den he also tak' de life preserve
An' jomp off on de lak'
An' say "Good-bye ma Rosie dear
I go drown for your sak'."

Nex' morning very early
'Bout ha'f-pas' two--t'ree--four--
De captinne--scow--an' de poor Rosie
Was corpses on de shore
For de win' she blow lak' hurricane
Bimeby she blow some more
An' de scow bus' up on Lac St. Pierre
Wan arpent from de shore.

MORAL.

Now all good wood scow sailor man
Tak' warning by dat storm
An' go an' marry some nice French girl
An' leev on wan beeg farm.
De win' can blow lak' hurricane
An' s'pose she blow some more
You can't get drown on Lac St. Pierre
So long you stay on shore.

LE VIEUX TEMPS.

Venez ici mon cher ami an' sit down by me--so
An' I will tole you story of old tam long ago--
W'en ev'ryt'ing is happy--w'en all de bird is sing
An' me!--I'm young an' strong lak moose an' not afraid no t'ing.

I close my eye jus' so an' see de place w'ere I am born--
I close my ear an' lissen to musique of de horn
Dat's horn ma dear ole moder blow--an only t'ing she play
Is "viens donc vite Napol?on--'peche toi pour votre souper."--

An' w'en he's hear dat nice musique--ma leetle dog "Carleau"
Is place hees tail upon hees back--an' den he's let heem go--
He's jomp on fence--he's swimmin' crik--he's ronne two forty gait
He say "dat's somet'ing good for eat--Carleau mus' not be late."

O dem was pleasure day for sure dem day of long ago
W'en I was play wit' all de boy an' all de girl also;
An' many tam w'en I'm alone an' t'ink of day gone by
An' pull latire an' spark de girl I cry upon my eye.

Ma fader an' ma moder too got nice nice familee
Dat's ten gar?on an' t'orteen girl was mak' it twenty t'ree
But fonny t'ing de Gouvernement don't geev de firs' prize den
Lak w'at dey say dey geev it now for only wan douzaine.

De English peep dat only got wan familee small size
Mus' be feel glad dat tam dere is no honder acre prize
For fader of twelve chil'ren--dey know dat mus' be so
De Canayens would boss Kebeck--mebbe Ontario.

But dat is not de story dat I was gone tole you
About de fun we use to have w'en we leev a chez nous
We're never lonesome on dat house for many cavalier
Come at our place mos' every night--especially Sun-day.

But tam I'member bes' is w'en I'm twenty wan year--me--
An' so for mak' some pleasurement--we geev wan large soir?e
De whole paroisse she be invite--de Cur? he's come too--
Wit plaintee peep from 'noder place--dat's more I can tole you.

De night she's cole an' freeze also chemin she's fill wit snow
An' on de chimley lak phantome de win' is mak' it blow--
But boy an' girl come all de sam an' pass on grande parloir
For warm itself on beeg box stove was mak' on Trois Rivi?res--

An' w'en Bonhomme Latour commence for tune up hees fidelle
It mak' us all feel very glad--l'enfant! he play so well
Musique suppose to be firs' class I offen hear for sure
But mos' bes' man beat all de res' is ole Bateese Latour--

An' w'en Bateese play Irish jeeg he's learn on Mattawa
...



 
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